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Bernadette WEBER Poèmes à l'oubli

Publié le par Claude Donnay

Bernadette WEBER, Poèmes à l'oubli, Bleu d'Encre Editions, 2016, 40 p., 8 €.

Bernadette WEBER  Poèmes à l'oubli

Née à Verdun sur Meuse (France) en 1951, Bernadette Weber a passé une grande partie de sa vie professionnelle sur les voies navigables de plusieurs pays européens.

Troisième enfant et première fille d'une famille de six garçons et trois filles, elle a fait ses études primaires (combinées avec des cours professionnels de la section marine) et a obtenu son diplôme de Batellerie dans un pensionnat de Namur (Belgique).

Ses espérances étaient autres que cette destinée non choisie.  Ses souhaits et ses rêves, c'est donc avec des mots qu'elle les exprime, par la poésie qui la réconcilie avec son passé, des instants où elle s'échappe du quotidien pour se réfugier dans l'oubli et être enfin libre.

Extraits

 

Poème à l'oubli

Une vie  s'est glissée entre les rêves et le papier

Oubliée dans le terroir d'une mémoire

 

Sur une peau les années se sont fixées

Avec le temps la beauté s'est fanée

 

Ce sourire fut source de conquêtes

Mais combien amères les larmes

Déposées à la conscience de l'âme...

 

***

 

Pour toi, SURABAYA, mon bateau tant aimé

La fille du halage

Survivant dans le temps par ces quelques pages,

On se souviendra de moi la fille du halage.

D'écluses en ponts, de vents en courants,

J'accuse ma passion d'être ma prison.

Bien des larmes se déversaient pour le voir avancer,

Ce bateau alourdi, plein dans sa coque d'acier.

Glissant sur un voile de cristal, sillonnant en silence le canal.

Quand l'hiver t'immobilisait et que la glace craquait,

Te sentir vibrer m'effrayait mais le dégel annonçait

Une meilleure année, un nouvel appétit pour ton ventre endormi,

Repu de ces marchandises d'été, blés et autres denrées,

Que le soleil pour toi préparait et dorait.

 

Tu prenais tes vacances quelque part en France,

Je te faisais confiance surtout pour mes dépenses.

Sachant que si le temps t'empêchait d'arriver,

Un autre chargement pour toi j'attendrais.

Tu m'avais promis des voyages plus longs que mes pensées,

J'étais assez sage pour ne pas t'avoir usé.

Compassion souvent j'ai eue de te voir négligé,

Faute d'une inconnu qui ne t'avait pas mérité.

T'éloignant sous la pluie, bateau mon ami,

Avançant dans ma vie, je te dis encore merci.

 

De m'avoir apporté durant tous ces étés,

La plus grande des libertés, celle de voyager.

Je m'endormirai sûrement encore longtemps,

Ecoutant chanter dans ma mémoire ton moteur ronronnant.

J'écris ce soir en me souvenant d'avant.

Je t'ai quitté avec tant de regrets,

C'est qu'il fallait penser à demain, et ça je le savais.

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